Les buveurs d’océan

« Les buveurs d’océan » est un livre d’anticipation écrit en 1922 par H.J. Magog, écrivain populaire français.

 

En 2050, le monde est divisé en cinq superpuissances, en paix : les Amériques, l’Europe, l’Océanie, l’Afrique et l’Asie. Tout est pour le mieux dans le monde, ou presque : les Japonais, qui dominent l’Asie, cachent un secret au reste du monde, dans l’île de Yeso, dont l’accès est interdit à tous les étrangers. On observe également depuis 30 ans un dépeuplement inexpliqué de la Chine, allant à l’encontre du « péril jaune » qui était attendu. Au milieu de ce mystère, le Japonais Kasuga, étroitement lié au secret cherche à tout prix à épouser Miss Suzanne, pourtant promise à un autre. Et il est prêt à aller jusqu’à l’enlèvement au Japon de la famille entière de la demoiselle pour arriver à ses fins.

 

L’histoire du secret des japonais, qui explique le titre de l’oeuvre, est assez bien trouvée et intéressante. Malheureusement c’est englobé dans une histoire de mariage et d’enlèvement qui n’a ni queue ni tête, et qui lasse assez rapidement le lecteur. L’oeuvre se lit toutefois rapidement, donc ça reste lisible ! Car le gros intérêt pour moi de cette oeuvre, est d’être face à un roman d’anticipation qui date d’il y a 96 ans…

 

La Science Fiction est un thème que j’affectionne particulièrement, tant en BD qu’en livre. J’en parlerai plus longuement dans un article spécial SF, mais mes livres, films et BD préférés sont des œuvres de SF.

Jules Verne mis à part, ce livre est le plus vieux livre d’anticipation que j’ai lu. Le cultissime « 1984 » a été écrit en 1949, « Le meilleur des mondes » en 1931, et « Fahrenheit 451 » en 1953. C’est vraiment intéressant de voir comment était imaginé le futur par des auteurs qui vivait un siècle avant le notre. Comme pour la série « retour vers le futur », dont le présent se situe en 1985 et le futur en 2015, on peut comparer et voir les différences entre notre réalité actuelle et l’imaginaire passé.

 

Dans « les buveurs d’océan », le monde est en paix (déjà, ça c’est raté…). J’ai découvert lors de ma lecture qu’on appelait les Japonais, et plus globalement les asiatiques, les « jaunes », peut être en opposition au terme « blanc » de l’homme blanc. Le ton de l’ouvrage est un chouïa xénophobe : on parle « de petit homme citron », et contrairement à d’autres livres où l’on utilise le terme « jaune » vraiment en opposition au terme « blanc », là on parle d’Américains, d’Européens, et de Jaunes… Sont également mentionnés « des domestiques nègres » ( ce terme n’étant tombé en désuétude qu’à la fin du XXième siècle pour être remplacé par le mot noir ), alors qu’il est bien mentionné que le continent Africain est au même niveau mondial que les autres puissances.

On conserve aussi le modèle sociétal de l’époque : les femmes ne servent pas à grand chose dans l’oeuvre, à part d’être le sujet de discorde de Kasuga à qui on a refusé la main de Suzanne. Elles s’évanouissent, pleurent, crient, et il faut les porter pour aller dans une barque afin qu’elles ne se mouillent pas les pieds (sans commentaires). La noblesse existe toujours, et les mariages de raison aussi.

Par contre, le travail humain semble aboli : on est à l’époque de l’automatisation du travail, et des hommes inactifs. Le monde fait visiblement face à une surpopulation d’hommes qui, ne travaillant pas, n’ont pas les moyens d’acquérir toutes les marchandises manufacturées produites.

A part le modèle global de l’humanité (5 superpuissances de même niveau), l’auteur n’a pas beaucoup anticipé les progrès technologiques, comme ont pu le faire d’autres auteurs de la même époque (Aldous Huxley, ou même son compatriote Ernest Pérochon avec « Les hommes frénétiques »). En effet dans ce livre on communique toujours avec le télégraphe en 2050, les voyages longues distances se font par bateau et non par avion, tout reste un peu archaïque par rapport à notre année 2017. Le gouvernement américain est dirigé par des trusts, l’industrie, le pétrole, la métallurgie …  Cette dernière garde d’ailleurs une forte place dans l’oeuvre, on mentionne par exemple les mines du nord de la France ou l’industrie du Creusot.

 

Finalement, je n’ai pas passé un mauvais moment, c’est intéressant à lire. Mais à la même époque il y a eu de bien meilleurs bouquins d’anticipation, qui font vraiment preuve d’imagination pour tout ce qui est technologique et progrès scientifiques. Donc si vous cherchez de vieux bouquins de SF, commencez plutôt par les livres cités plus haut!

 

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