Firewatch

Développé par Campo Santo et édité par Panic

Que diriez-vous d’une petite balade en forêt pour vous changer les idées ?

C’est en tout cas le choix qu’a fait Henry, le personnage que vous allez incarner dans cette aventure.  Henry est un homme qui sort d’une épreuve douloureuse. Pour tourner la page et tenter d’oublier cet épisode, il se fait recruter comme firewatch dans un parc national du Wyoming. Il s’agit d’un travail solitaire qui consiste à surveiller la forêt à l’affut des départs de feu. Propice à l’isolement et à l’introspection, ce travail temporaire est idéal… sauf que nous sommes dans un jeu vidéo et que notre personnage va se faire rattraper par des événements imprévus.

Bien que seul, vous serez en contact permanent avec Delilah, une femme qui a déjà l’expérience du métier. Au travers de longues discussions par talkie-walkie, elle vous dispensera ses conseils et vous accompagnera dans toute l’aventure.

Voici Delilah , votre partenaire en voie off pour toute l’aventure

Firewatch entre dans la case de ce que l’on nomme (souvent péjorativement) un walking simulator. C’est à dire un jeu où la narration prend le pas sur l’interactivité. Car si vous voulez un jeu pour plonger dans une forêt en flammes avec une lance à incendie à la main, vous pouvez passer votre chemin. L’action n’a clairement pas sa place dans le jeu. Vos principales actions étant les déplacements dans le parc et le déroulement des dialogues (à partir de réponses à choix multiples).

La force du titre réside surtout dans sa narration. Dès l’introduction (que je ne vais pas vous révéler ici pour ne pas en réduire l’impact) vous plongerez dans le grand bain. Bien qu’incroyablement sobre dans sa mise en scène, elle pose la tonalité du jeu avec un propos particulièrement efficace. Profondément sombre, elle donne rapidement du volume au personnage principal et assure l’empathie.

Tout le reste du jeu, bien que très différent de l’intro, tient la promesse d’une narration soignée. Un soupçon de complot gouvernemental, une disparition, un campement sauvage,… L’intrigue principale s’amuse à éparpiller des indices ça et là pour vous faire cogiter et imaginer les hypothèses les plus folles sur ce qu’il se passe réellement dans cette forêt. Et la résolution de l’intrigue (que je vais bien sûr garder pour moi) est toute aussi intelligente que son exposition. Car oui, vous aurez des réponses à toutes les pistes proposées par le jeu. Probablement pas celles que vous aviez imaginées, encore moins celles que vous aviez espérées, mais suffisamment explicites pour conclure correctement l’aventure.

Carte et boussole, il va falloir arpenter le parc dans tous les sens

En parallèle, les discussions par radio que vous aurez avec Delilah permettent de découvrir l’histoire des deux protagonistes. Les aller-retours dans la forêt sont alors autant de prétextes pour en savoir plus sur leurs histoires personnelles et leurs motivations. La trame scénaristique du jeu sert finalement à approfondir le caractère des deux personnages. Pourquoi sont-ils dans ce parc ? De quoi ont-ils peur ? Mais surtout la question la plus importante: Que fuient-ils ? De confidences en révélations, on observe alors la construction d’une relation attachante entre deux personnes qui osent s’ouvrir l’une à l’autre.

J’ai personnellement passé un excellent moment avec Firewatch. La courte durée de vie du jeu (autour de 4h de jeu) en fait une expérience narrative compacte et percutante. Je me suis fait happé par l’histoire dès l’intro et elle ne m’a relâché qu’à la fin. Ce fut même une sorte de déchirement de quitter ces deux personnages lors de l’apparition du générique de fin. On pourrait reprocher au jeu une interactivité faible mais ce serait oublier son véritable objectif : nous raconter une histoire. Et de ce point de vue, la promesse est largement tenue.

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