JULIUS CORENTIN ACQUEFAQUES, prisonnier des rêves

J’étais dans mon lit.

Je lisais une BD.

Elle était bizarre.

Souvent elle avait une couverture normale, mais des fois elle n’avait pas de couverture. Enfin elle avait une couverture, cartonnée et tout, mais au lieu d’avoir le titre de la BD, le nom de l’auteur comme d’habitude, c’était une planche de BD normale…

C’était une BD en noir et blanc, mais en quadrichromie. En 2D, mais avec quelques pages en 3D, et des bulles en 1D.

Les pages s’envolaient à l’intérieur même de la BD, des pages bougeaient aléatoirement, les personnages se déplaçaient de cases en cases en toute impunité, sans aucun respect des phylactères, le début était à la fin et la fin au début, dans un jeu de miroirs digne d’Alice.

D’un coup je me suis retrouvée dans la BD, suivant un monsieur qui se mouvait sur l’épaisseur du trait entre deux cases, en suivant les lignes de fuite. J’avais la tête en bas, puis nous sommes tombés dans une case vide, nous retrouvant sur la page d’après, la tête en haut.

Nous nous sommes perdus dans une spirale sans fin qui se finissait dans l’atelier du dessinateur, puis nous sommes revenus à la case départ, et nous avons erré sans but dans l’histoire.

A un moment, nous avons failli mourir, écrasés par l’ascenseur qui passait au milieu du salon.

 

Un miroir s’est brisé.

 

J’ai refermé ma BD.

Au revoir Julius Corentin, ce fut un plaisir!

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