Sérum

L’histoire prend place à Paris, en 2050. L’époque est dure. Des veilles sont imposées la nuit, pendant lesquelles les gens n’ont pas le droit de consommer de l’électricité. Les personnes âgées ou handicapées semblent obligées de faire une espèce de service civique (nettoyage des rues, du métro…. par exemple). Les gens sont surveillés grâce à un bracelet qu’ils portent en permanence au poignet.  En marge, une révolution gronde, des attentas ont lieu. Dans ce monde dystopique nous suivons Kader, technicien maintenance dans un parc éolien, qui vit seul. Kader est sous l’emprise du Sérum, potion de vérité administrée par le gouvernement à certains justiciables jugés dangereux. Il est donc obligé de dire la vérité, tout le temps, à tout le monde.

C’est une fable sociale très plaisante à lire. On retrouve comme dans toutes dystopies la surveillance d’un état policier, de grands écarts entre milieux aisés et milieux pauvres, des indices de révolution… Dans le ton cela m’a  un peu fait penser au triptyque « SOS Bonheur », de Van Hamme. C’est un monde sombre, triste, froid.

La BD surprend plusieurs fois au fil de la lecture, avec des retournements de situations inattendus et intéressants. On trouve dans cet ouvrage une vraie morale de l’état policier, et nous amène à réfléchir sur plusieurs questions très importantes : « La fin justifie t’elle les moyens? ».  « A t’on le droit de mentir sous couvert du bien du plus grand nombre? ». On pourrait faire du thème global de la BD plusieurs sujets de philosophie au bac. On referme la BD en se disant Waouh…, et pour ça le pari est réussi.

Les dessins de Gaignard ne me plaisent pas trop en tant que tels, mais je trouve qu’ils collent particulièrement bien au scénario et à ce monde funeste. La couverture notamment est très réussie.

 

Bref, un très bon moment de lecture!

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